Infos pratiques Iran

Séjour du 7 nov au 27 déc 2017 – 4300 km – (aller)

Iran-itinéraire total

Séjour du 25 avril au 19 mai 2018 : 3000 km (retour)

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Se rendre en Iran par la voie terrestre et qui plus est avec son propre véhicule nécessite de l’organisation et un peu (pas mal) de paperasserie, mais rien d’insurmontable et surtout le jeu en vaut vraiment la chandelle (vous savez maintenant combien on a apprécié ce pays!) En fait il y a surtout deux grosses étapes à anticiper.

1ère étape : Un Carnet De Passage en Douane (CDPD) pour son véhicule qu’on obtient auprès de l’Automobile Club de France. Je qualifierais ça de véritable arnaque mais c’est obligatoire alors on fait avec ! Car en plus du coût de 200€ le carnet à l’année (qui inclut les frais d’envoi en France), ce qui est frustrant c’est de devoir laisser une caution à cette « association ». Cette caution est débitée et ne sera restituée que lorsque le véhicule sera de retour en France ! Considéré comme un outil pour faciliter les passages de douanes, c’est avant tout une garantie que le véhicule ne sera pas vendu dans le pays visité. Le montant de la caution est égal à la valeur du véhicule mais c’est vous qui déclarez ce montant ! Le nôtre ne cotant plus à l’Argus nous avons déclaré le minimum à savoir 2500€. Mais certains pays exigent plus, pour l’Iran c’est 150% et pour l’Egypte par exemple c’est 250% de la valeur du véhicule !! Avec toujours un minimum pour les véhicules non cotés, en l’occurrence 3500€ pour nous ! Mais imaginez si votre véhicule est récent ! Pour plus de détails vous pouvez vous rendre sur ce site, toutes les informations y sont données, ils ont l’habitude ! En revanche la liste des pays ou le CDPD est exigé n’est pas juste car pour les Amériques, il n’est pas nécessaire…

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2ème étape : les visas :

Démarches pour la demande de visas faites en Turquie, voir le détail ici. (pour le retour nous avons fait les démarches à l’ambassade d’Iran à Abu Dhabi, les démarches sont expliquées sur l’application Ioverlander). Il est possible de le renouveler 2 fois, dans la limite de la date maximum des trois mois de validité qui démarrent le jour de l’obtention des visas. L’extension peut se faire dans les grandes villes, pour nous ce fut à Yazd en quelques heures. Coût : 350 000 rials par passeport.

Visas Iran (3)

Entrée depuis la Turquie par la ville de Bazargan.

Lola vous en avait déjà fait un récit. Pour résumer : pas de difficultés particulières. On peut faire les démarches tout seul, pas besoin d’un « facilitateur » qui en plus tentera de vous arnaquer pour l’assurance du véhicule si vous avez besoin d’en prendre une. La plupart des assurances prises en France vous couvrent jusqu’en Iran, mais pas la nôtre (MACIF), et à cette frontière il était obligatoire d’en prendre une (ce qui n’est pas le cas partout). Après négociation nous payons 40€ pour un mois. L’assurance est la dernière étape, avant vous aurez fait tamponner vos passeports pour votre entrée dans le pays ainsi que le fameux CDPD. Pour les futurs voyageurs tout est bien détaillé sur l’application IOverlander dont je vous ai déjà parlé… Le taux du change n’est pas très intéressant à la frontière.

Monnaie :

Attention, les cartes étrangères ne sont pas acceptées en Iran, pour tous les achats il faut prévoir du cash ! Et on ne peut pas changer ses euros ou dollars partout, seules les villes de taille assez importante ou bien touristiques proposent ces services ! Les taux dans les bureaux de change sont les plus intéressants. 1€ = de 45 à 50 000 rials iraniens ou de 4500 à 5000 tomans car la plupart du temps en Iran on vous parle en tomans et non en rials, tellement il y a de zéros ! C’est vraiment pas facile de s’y retrouver ! Sans compter que dans les magasins, les prix sont affichés en persan (chiffres arabes !). Tiens d’ailleurs, Lola vous en parle dans sa présentation d’Iran : L_IRAN

NB : lors de notre deuxième passage en avril 2018, la monnaie iranienne a subit une très forte dépréciation et le taux de change du dollar est passé à 60 000 rials et l’euro à 70 000.

Gasoil :

C’est vraiment le seul pays où on est content de faire le plein ! On le paye le double que les Iraniens mais à 6000 rials le litre (environ 0.12€) ça reste toujours très intéressant ! Et encore, il parait qu’il y a cinq ans il était 5 fois moins cher ! Le seul bémol c’est la difficulté, surtout dans le sud à trouver des stations qui ont du gasoil et qui acceptent d’en vendre aux étrangers ! Seuls les routiers roulent au gasoil et ils achètent une carte qui leur permet d’acheter une certaine quantité de gasoil à l’année. Quand le pompiste n’a pas cette carte, il nous faut attendre l’arrivée d’un poids-lourd et demander s’il accepte de nous vendre du gasoil. La plupart du temps ils acceptent et même une fois on nous en a fait cadeau : les routiers sont sympas ! Mais dans le sud c’est devenu vraiment compliqué de trouver des stations ayant du gasoil ou acceptant de nous en vendre (et sur l’île de Qeshm, une vraie galère, donc bien s’approvisionner avant!).

Sur la route :

État des routes très bon. Beaucoup de 4 voies et d’autoroutes qu’on évite autant qu’on peut. Nous sommes passés par quelques péages que nous n’avons pas payés, soit parce que nous n’avons pas de carte bancaire iranienne, soit par ce que la voiture de devant nous l’a payé, soit juste parce que nous sommes étrangers et donc des « invités » ! Quant à la conduite dangereuse des Iraniens, je vous en ai déjà parlé ici !

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Eau / laveries:

Aucune difficulté pour trouver de l’eau. Beaucoup de toilettes publiques avec des robinets dans les parcs ou sur les parkings des sites à visiter. Près des mosquées également et dans les stations-services. On la purifie par principe mais en général elle est potable. Nous n’avons pas trouvé de laverie en Iran, que des pressings où le prix grimpe trop vite pour faire laver des sacs entiers! On a profité à deux reprises des machines à laver des locaux qui nous nous avaient invités et pour le reste on a lavé à la main !

Bivouacs :

Hormis quelques parkings payants dans certaines villes, nous n’avons fait que des bivouacs libres, la plupart répertoriés sur Ioverlander. Les grands espaces ne manquent pas pour se retrouver vite seuls en campagne, en montagne ou dans le désert. Si on préfère avoir de la compagnie, ce n’est pas compliqué, il faut rester plus près des villages ou en ville et alors en quelques minutes vous êtes l’attraction locale et vous n’avez plus qu’à répondre aux innombrables questions et poser pour autant de selfies ! Nous n’avons fait aucun camping (il faudrait déjà les trouver!). On peut rester la nuit sur la plupart des sites touristiques à visiter et dans les grands parcs aux abords des villes où il y a plein de jeux pour enfants. Seul inconvénient, ce n’est pas toujours très silencieux la nuit ! Mais à aucun moment nous n’avons ressenti de l’insécurité. Souvent les Iraniens s’inquiètent pour nos vélos à l’arrière et vérifient pour nous qu’ils sont bien attachés ! Pourtant on n’a pas l’impression qu’il y ait beaucoup de vols dans le pays et on trouve les gens très zen. Nous n’avons jamais vu d’altercation ni entendu de gens s’engueuler d’ailleurs. Il n’y a vraiment qu’au volant que les Iraniens semblent perdre leurs moyens !

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Internet/Téléphone/Censure !

Nous avons acheté notre première carte SIM locale, waouh quel progrès ! Environ 10€ pour un mois : petit forfait local téléphone/SMS et 8GB d’internet. Mais je n’ai pas pu l’utiliser de suite ! J’ai d’abord dû retourner dans la boutique le lendemain car la carte ne s’activait pas. Puis elle ne fonctionnait que pour le téléphone mais pas pour internet ! Et enfin je me suis heurtée au problème de la censure iranienne ! Non seulement elle bloque la plupart des réseaux sociaux mais aussi certains sites étrangers, dont notre blog par exemple ! Les Iraniens savent très bien comment contourner ce problème : il faut installer un VPN qui permet de naviguer sous une IP domiciliée dans un autre pays. J’ai facilement réussi à en installer un sur mon téléphone (Super VPN en l’occurrence mais il y en a plein d’autres) mais avec un VPN, il est alors impossible de partager sa connexion et donc de connecter mon ordinateur sur lequel je prépare mes articles pour le blog ! Grrr ! J’ai passé plusieurs soirées prises de têtes à tenter de résoudre ça ! Sachant que pour moi tout ça était nouveau ! Il fallait donc que j’installe un VPN sur mon ordi et ce ne fut pas simple du tout ! Bref après moult tentatives j’ai enfin réussi à installer Hotspot Shield (d’abord en version payante mais avec une semaine d’essai, puis résiliation et conservation de la version gratuite !). Ouf, nous voilà connectés ! Ce fut d’ailleurs l’occasion de me rendre compte à quel point ça me manque quand je ne peux pas communiquer ! Publier les récits du blog est vraiment devenu une habitude et un vrai plaisir pour moi ! J’ai été très frustrée pendant ces 2-3 semaines de blocage ! Je parle pour moi car Miguel n’est absolument pas gêné par ça ! Il n’était déjà pas très connecté en France alors encore moins en voyage !

Nourriture :

Les marchés et petites épiceries sont les endroits les moins chers. Il existe bien des supermarchés dans les grandes villes mais seule la population aisée s’y rend et les prix sont en conséquence. Sur l’île de Qeshm, tout est globalement plus cher. Sinon la plupart des fruits et légumes sont à moins d’1€ le kilo, sauf pour les pommes et les bananes. Il y a vraiment beaucoup de choix et le mieux est de les acheter en direct “au cul” des voitures! Nous avons découvert la confiture de carottes, très bon ! Nous n’avons presque pas acheté de viande à cuire nous-mêmes. Qui dit pas de supermarché dit beaucoup moins de tentations et donc budget nourriture nettement restreint ! Nous en avons alors profité pour régulièrement manger à l’extérieur ou prendre à emporter : poulet rôti tout prêt (servi avec quelques légumes froids et boisson pour moins de 5€),nourriture rapide comme sandwichs falafels, pizzas, samoussas… Mais aussi petits restaurants proposant souvent brochettes kébab avec riz pour une douzaine d’euros à 4. Le seul hic ce sont les sodas qui accompagnent toujours ces repas ! Obligés d’insister pour pas qu’on nous les serve ! Tous les produits importés sont très chers, comme les céréales ou les croquettes pour chien (quand on en trouve!). Du coup, une fois que Voyou a eu fini ses croquettes turques, il a mangé des bouillies de pains, des restes de riz, de pâtes, des os de poulet…

Pour les Européens, le coût de la vie en Iran reste vraiment très intéressant même s’il a considérablement augmenté ces dernières années. C’est pour les Iraniens que les choses se compliquent car les salaires eux n’augmentent pas en conséquence, d’où les mouvements de contestation actuels.

Visites :

La plupart des visites sont à 200 000 rials pour les étrangers (pour les Iraniens c’est souvent gratuit ou beaucoup moins cher). Et comme il y a de nombreux sites à visiter la facture monte vite ! Surtout si Lola paye ! Oui car à 12 ans, les gardiens hésitent parfois ! Pablo, lui ne paye presque jamais ou parfois moitié prix. C’est surprenant de voir que la visite de Persepolis est au même prix qu’une mosquée… Nous avons donc fait pas mal de visites au début, puis on s’est calmé !

Voilà donc notre budget dépensé pour l’Iran :

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Volontairement je n’ai pas inclus la traversée en bateau pour se rendre aux Émirats Arabes Unis car à 950€, ça changerait tout !

Sortie d’Iran vers les EAU par bateau pris à Bandar Abbas: Argent

Et oui j’ai gardé le meilleur pour la fin mais je ne vous en ferai pas un récit détaillé ! D’une j’ai la flemme et de deux, Arnaud des Bos’trotteurs l’a déjà fait il y a trois ans et comme les choses n’ont pas changé je vous renvoie à son article très bien fait : http://bostrotters.over-blog.com/tag/iran/

Nous y avons donc passé la journée en compagnie de la famille Ivan. Ils l’ont déjà effectuée à 4 reprises cette traversée alors autant dire qu’ils ont l’habitude mais c’est toujours aussi pénible ! Et pourtant Cristian parle persan. Ce qui aide à se faire comprendre bien sûr mais n’est pas forcément un atout parce qu’alors les personnes en face partent souvent dans d’interminables discussions pour tenter de se justifier ! Cristian et Miguel passent donc de nombreuses heures de bureau en bureau pour régler les différents papiers. Il n’y a que pour les billets des personnes que le tarif est clair, affiché mais pas le même pour tout le monde (prix touriste ou prix iranien). Pour le reste c’est flou et les gars arriveront tout de même à faire baisser de 200$ le prix pour la traversée de chaque véhicule ! Oui car en plus un coup c’est en rials, un coup en dollars, histoire de perturber encore plus !

Au final la note se détaille comme suit :

  • Billets passagers = 3 150 000 rials X 3 (aie ! Lola paie comme une adulte maintenant !) et 1 575 000 pour Pablo = 11.025 millions rials = 220€

  • Billet véhicule : 25 millions = 500€

  • Travail d’un facilitateur + photocopies + papiers = 4 millions pour nos deux véhicules = 40€ chacun

  • Bill of loading (note de chargement) pour deux véhicules = 2 637 800 rials = 26.30€ chacun

Soit environ 790 € coté iranien !

A cela il faudra ajouter environ 160€ coté Emirats, au port de Sharjah !!

  • Papiers police : 20 Dirhams (1€=4.20 EAD)

  • Services de l’agent : 330 EAD

  • Frais port : 255 EAD

  • Bill of entry : 45 EAD

Pour résumer : arrivée à 9h00 le matin au port de Bandar Abbas, départ réel du bateau : minuit ! Après le repas (riz-viande kébab),on nous autorise à rejoindre nos campings-car pour la nuit, cool ! Quel luxe de traverser le Golfe persique confortablement installé dans sa maison, plutôt que sur des fauteuils face à une télé à tue-tête sur laquelle défile une série iranienne à l’eau de rose! Mais ça fait quand même bizarre de sentir son lit tanguer comme sur un bateau ! 10 heures plus tard, nous arrivons aux Emirats. C’est la fin de matinée et nous passerons de nouveau le reste de la journée dans un port, le temps de faire les papiers coté émirati, sous un soleil brûlant… Pff! que de paperasserie en deux jours : la chaleur ça se mérite !Clignement d'œilSoleilÎle déserte

A l’heure donc de faire notre bilan sur l’Iran, nous affirmons que ce pays nous a vraiment tous les 4 comblés ! Il réunit tous nos critères : rencontres faciles avec les locaux, beaux paysages, sites culturels, mer chaude et cout de la vie très bas ! Nous aurions juste dû y arriver 15 jours plus tôt pour avoir moins froid sur les hauts plateaux. Et comme il faut bien qu’il y ait un “mais”, j’évoquerais le fait pour une femme d’avoir à porter obligatoirement le hijab dès qu’on est en public. Au début, ce n’était pas gênant mais à la longue au lieu de m’y habituer, j’ai trouvé le port de ce voile de plus en plus pesant. Moi qui d’ordinaire marche la tête haute, au bout d’un mois et demi, j’ai remarqué le poids physique de ce voile car je suis plus souvent voutée, le regard baissé sur mes pieds…Choisir de le porter serait une chose mais l’imposer en est une autre. J’ai également trouvé très frustrant le fait d’avoir à se baigner habillée… En cela les derniers jours passés sur notre “secret beach” de l’île de Qeshm a été un vrai plaisir !

Si vous ne l’avez pas encore vu je vous recommande vivement le long métrage d’animation en noir et blanc de Marjane Satrapi “Persepolis”. Il est tiré de sa bande dessinée du même nom et c’est une bonne introduction à l’histoire du pays depuis les années 70 (facile à comprendre même pour les enfants!).

J’espère par ailleurs vous avoir donné une belle image de ce pays et pourquoi pas avoir suscité des envies de voyage par là-bas ! Rire

Qeshm Island (254)

@ bientôt aux Emirats Arabes Unis, de l’autre côté du détroit d’Hormuz ! Clignement d'œil

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